| I | 1 2 3 4 |
Je suis belle, ô mortels! comme un rêve de pierre, Et mon sein, où chacun s'est meurtri tour à tour, Est fait pour inspirer au poëte un amour Éternel et muet ainsi que la matière. | |
| II | 5 6 7 8 |
Je trône dans l'azur comme un sphinx incompris; J'unis un cœur de neige à la blancheur des cygnes; Je hais le mouvement qui déplace les lignes, Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris. | |
| III | 9 10 11 |
Les poëtes, devant mes grandes attitudes, Que j'ai l'air d'emprunter aux plus fiers monuments, Consumeront leurs jours en d'austères études; | |
| IV | 12 13 14 |
Car j'ai, pour fasciner ces dociles amants De purs miroirs qui font toutes choses [1857: les étoiles] plus belles : Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles! | |
(2e éd. - Paris : Poulet-Malassis et de Broise, 1861;
Gallica)
Tübinger Lektürekurs